Le Tour du Troupeau : Caravage

Posté par le 1 déc 2009 dans Bergerie, musiquePas de commentaires

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Bon nombre d’entre vous connaissent déjà, de près ou de loin, cette formation qu’on appelle Caravage… mais l’heure est venue, continuant le tour du troupeau et de son bétail de talent, de s’accorder un peu de temps dans l’univers clair-obcur des quatre Grenoblois. Ce mois-ci le tour du troupeau se jette au coeur de la fosse par l’intermédiaire de Matt, l’inénarrable et charismatique chanteur du groupe.

Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un extrait de leur nouveau maxi fraîchement sorti:

Caravage – Baby Suicide

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Moulos: Bon, on commence par du classique, la traditionnelle fiche d’état civil: âge, discipline, constitution…
Matt: Caravage – bientôt deux ans, sevré à l’indie rock alternatif et à l’impulsion électrique. Tout a commencé par la rencontre avec Simon. Lors d’une soirée lyonnaise à grands coups de malto-binouzes et de top 5 des meilleurs groupes de l’Histoire du rock. Comme on était à peu près d’accord sur le classement final, on s’est dit qu’on allait créer le sixième et gagner 1 million de dollars. Après un périple aux United States, Simon m’envoie un texto qui dit qu’il a des compos. Je lui propose de ramener son talent à Grenoble et de partager la coloc’. C’est l’été 2007 où ça rit, ça picole et ça compose. A l’automne on dégote David N, le batteur puis le Z, aka Whalefin à la basse en janvier 2008. Première démo en mars et premier concert en juin de la même année. Ca tourne, ça commence à faire parler et entre les premiers concerts et les unplugged maison on se fait repérer par le label Aderock dans un petit tremplin qu’on remporte en mars 2009. On tourne le clip de Brian’s On sale en juillet, dans la foulée le label produit un EP 4 titres « 12 Galaxies » qu’on enregistre avec notre manitou du son Loule, enregistré et mixé par Franck Molin de Etoa label. D’un batteur l’autre, il y a deux mois de latence consacrés au mastering et à l’écriture de nouveaux morceaux.

Moulos: Votre créneau c’est le Rock donc ; analogique, pur et dur, version cuir et sueur… Quelles sont vos influences ?
Matt: Les grosses influences proviennent du rock, on a été bercé depuis toujours par ce style. C’est ce qui nous fait vibrer, c’est ce qui nous donne envie. Vers 10-11 ans, quand je me suis réellement mis à écouter de la musique, je désespérais de supporter pendant des heures les daubes dance que ma frangine écoutait alors. Les plus grandes discothèques du monde énième volume me faisaient pisser du sang par les oreilles… Et puis Nirvana et toute la scène grunge est arrivée, Rage Against the machine, toute la brit-pop, Radiohead, Oasis… Tout s’est emballé, j’ai appris la guitare avec un copain et on reprenait tout ce qu’on écoutait à l’époque. Simon et Whalefin ont un énorme background musical, ce sont des catalogues de références. Simon est tombé dans les Beatles très jeune grâce à son père, il est capable de jouer de mémoire à peu près tout des Fab Four, idem pour les Beach boys, les Doors, the Who et les séries AB Productions. Pour le reste, c’est tellement vaste, en pâture : Dylan, les Stones, les Kinks, le Velvet, Led Zep, Joy Division puis plus récemment the Killers, les Strokes, les Arctic Monkeys. Dans nos morceaux, on alterne entre les mélodies pop où l’ont met en exergue l’harmonie des voix, le groove (Animal Triste, I’m Everybody…) et les bombes à riffs où c’est l’énergie, la violence qui priment (Brian’s On Sale, Kick Me Out…)

Moulos: En quelques mots, pourriez-vous nous dire qui était Caravage et pourquoi vous partagez son patronyme ?
Matt: Attends, je vais vite sur wikipedia, parce que tu m’as dit que je pouvais prendre mon temps pour répondre… Pôm pôm pôm, alors comme ça à brûle pourpoint, je te dirais que le Caravage, bah c’était un peintre italien né en 1571 à Milan et mort en 1610 à Porto Ercole. Plus spontanément, je voudrais ajouter que son œuvre puissante et novatrice révolutionna complètement la peinture du XVIIe siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal, c’est vrai, son érotisme troublant, c’est pas faux et son emploi de la technique du clair-obscur qui influença nombre de grands peintres après lui. Pour sûr.
Son nom claquait bien, sa vie qui oscillait entre le génie et la débauche, ses toiles nous plaisaient. On est tous tombés d’accord dessus de suite. Le clair-obscur, le contraste, l’ambivalence, c’est tellement porteur en terme de création, tant visuelle que musicale. Ca correspond bien à notre répertoire qui va donc de la pop fraîche au rock abrasif (merci Manœuvre). Pas sûr que les Garçons de la plage ou les Singes de l’Arctique aient autant d’arguments.

Moulos: Vous êtes de ces groupes issus du live et de la scène, et c’est d’ailleurs à mon humble avis votre point fort. Quelle est votre manière d’appréhender les concerts : Un plaisir originel ? Un passage obligé dans la croissance du groupe avant une carrière studio ?
Matt: La scène est un exutoire. A la Bastille, à la Chaufferie, à l’ADAEP, à chaque fois qu’on a joué, on appréhendait le truc sans trop se poser de questions. Personne ne nous connaît, ne nous attend et nos potes nous soutiennent ! Autant tout donner, être le meilleur possible sans tricher. Tout ça s’est déroulé par palier, crescendo. On prend déjà beaucoup de plaisir à chanter et jouer nos morceaux ensemble à l’appart’, ensuite vient le temps de trouver ses marques en répet’, de forger une cohésion de groupe, de se comprendre facilement (une discussion de zikos peut vite dégénérer en une rixe d’onomatopées –  » nan au 3ème tin-din-dah-dah, tu repasses en sol, juste avant le boum-tchak grosse caisse… »). Une fois que c’est en place, que la magie opère, qu’on trouve des sensations ensemble, on n’as plus qu’une envie : les partager avec les gens. Que tout le monde s’éclate autant que nous sur notre musique. Et puis le live est un passage obligé en terme de visibilité pour un groupe, surtout s’il est jeune.

Moulos: Votre dernier concert ?
Matt: A la Bastille, le 20 juin dernier avec Liga Quintana – C’était la fameuse soirée Lunatic Feet organisée par le cheptel des Bolos. C’était juste génial, mes potes les T-Birds avaient fait le déplacement depuis Paris et même Londres pour booster le 1er rang, plein de bolos étaient devant.

Moulos: Le prochain ?
Matt: En unplugged au O’Brother le 10 décembre prochain, quartier Ile Verte à Grenoble, et puis à venir en 2010 des dates à Chambéry et Lyon. On préviendra tout le monde via les supports habituels Myspace, Facebook, téléphone arabe, pigeon voyageur, signaux de fumée.

Caravage – 12 Galaxies – EP 5 titres – Disponible

Donc là, si mes calculs sont exacts et que vous avez bien tout lu attentivement, vous n’avez plus de musique dans les oreilles. Qu’à cela ne tienne mon cher Watson, voici un autre extrait de l’EP 12 Galaxies, avec le titre Walk upon the deadline:

Caravage – Walk upon the deadline

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Moulos: Vous semblez assez conscients des vertus de l’autopromotion et aimez créer le buzz autour de ce que vous faites… l’utilisation des réseaux sociaux ne contredit-elle pas la fibre Rock’n’Roll ?
Matt: Bienvenue au XXIème siècle… Comment s’en passer? Je pars du principe que tu écris un bouquin pour qu’il soit lu. Idem pour la musique, si c’est pour jouer dans sa cave, ça n’a pas de sens, encore moins d’intérêt. Le danger, ce n’est pas le buzz, bien au contraire, le buzz ne fonctionne que si l’objet de la création vaut le coup. Sinon, ça retombe très vite. Le quart d’heure warholien, c’est souvent quinze minutes de trop. Les A.Monckeys, Clap your hands say yeah, Lily Allen et tant d’autres se sont fait repérés sur Myspace, je trouve ça plus glorifiant que Nouvelle Star. Il y a un tel marasme marketing qui part à la base des grosses majors et des télés toutous pour vendre à tout prix. C’est bien plus intéressant lorsque ce sont des internautes mélomanes ou presque qui découvrent et balancent à leurs potes via le web.

Moulos: Votre actu du moment est plutôt riche, pouvez vous nous en dire un peu plus ?
Matt: L’EP 4 titres « 12 Galaxies » + bonus track Brian’s On Sale dont le clip est en ligne sort vendredi 4 décembre. Un deuxième clip (Baby Suicide) est tourné, on le diffusera début 2010. On a déjà quelques dates en février et mars à Grenoble et Lyon. A suivre sur Myspace. Et pour Noël, on sort le Caravage Christmas single avec deux titres vintage Did You wanna Dance & You talk too much. On revient dans les 50’s avec deux oldies que n’aurait pas renié l’orchestre du Bal des Sardines dans Retour Vers le Futur. Et mon rêve pour 2010 : jouer sur un chantier avec des grues. De très grandes grues Sigmund.

Moulos: Il me semble en revanche que vous êtes en recherche active d’un nouveau batteur… Ou en êtes-vous ?
Matt: On l’a trouvé, après un gros mois d’auditions… Mi orfèvre, mi bûcheron avec un univers bien à lui derrière les fûts et des tournes qui claquent. C’est un artificier (véridique). Il est motivé pour nous suivre aussi loin qu’on espère. Il dort à l’appart’ dès lundi d’ailleurs pour répéter et discuter perspectives.

Moulos: Quels sont vos projets, à court et moyen terme ?
Matt: A court terme : boire une bière, à moyen terme gagner un million de dollars, à long terme intégrer Bill Clinton au saxo dans le groupe.

Moulos: OK changeons de sujet. Le catering idéal, pour le backstage de Caravage, c’est quoi ?
Matt: Foie gras de canard rôti aux fruits secs, girolles en fricassée d’automne Homard en salade vierge, cèpe en marinade, Quenelles de brochet « André Terrail », Saint-Jacques pochées à l’huile d’olive, poireaux et coques, lames de truffes blanches, Tronçons de sole « Cardinal », ragoût de févettes à l’estragon, Bar braisé à plat, cèpe farci, clams en velouté doux. Je te laisse voir directement avec eux, c’est un petit troquet au 17, quai de la Tournelle à Paris. Ils sont super chaleureux.
Ou sinon, une boîte de saucisses aux lentilles marque pouce avec un pack de 16, c’est déjà Byzance.

Moulos: Enfin, question traditionnelle : pouvez vous nous préciser vos liens avec la Bolosfamily, et nous dire à quelle occasion vous avez sali vos godasses en marchant dedans ?
Matt: La Bolos regroupe des potes qui ont tous une personnalité bien à part et qui parviennent pourtant à se retrouver dans le même délire. Autour d’une bière dans la rue en bas de chez nous ou lors des bolos masta orgiaques où ça rapplique des quatre coins de la France. Ca mixe, ça joue, ça projette et ça concrétise beaucoup d’envies. Sincèrement pour Caravage, c’est une aubaine. Les deux meilleures prestations du groupe ont eu lieu lors de Nevermind The bolos à l’ADAEP et Lunatic Feet à la Bastille, deux OP montées grâce à toute la clique, et ce n’est pas un hasard. Quant à la couv’ du disque de noël ou à l’affiche du 10 décembre pour O’Brother, c’est toi Clément, le papa de la family qui les a conçues. On espère donc ne pas s’essuyer les pieds. Et pour Moustaches et Décibels 2 (le 27 février 2010, NDLR), avis aux amateurs de pédalo, je lancerai un concours en interne.

En savoir plus, en écouter plus : MyspaceFacebookBlog

Le clip de Brian’s on Sale, titre bonus de l’EP 12 Galaxies:

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