La pub, avenir de la musique ?

Posté par le 27 fév 2009 dans musiquePas de commentaires

 

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Tout le monde le sait, l’avenir de la musique (ou plutôt celui des majors, ce qui reste assez différent) est en péril. Les orgies de téléchargement font du mal à l’industrie du disque, j’avoue moi-même avec la honte de circonstance qui s’impose n’avoir plus acheté de CD depuis plusieurs années… Ces même majors jouent d’ailleurs à fond la carte de la fibre affective pour culpabiliser les pirates : vous volez les artistes que vous aimez bande de bandits sans cœur ! Boooouh !

Plus sérieusement, des types se creusent les méninges pour savoir comment tirer des revenus de leurs productions musicales à l’heure ou obtenir un album piraté prend a peu près 2 min de recherche et 10min de téléchargement. Il semble qu’une nouvelle solution soit récemment apparue, et elle nous vient des agences de communication.

En effet, les exemples apparaissent de plus en plus nombreux où la musique est utilisée comme support de communication pour tel ou tel groupe ou marque, et c’est dans ce cas précis les annonceurs qui signent la fiche de paie de l’artiste. Les avantages marketing sont nombreux : Il est très facile de toucher une cible très précise en utilisant la musique qu’elle aime, sans parler des avantages en termes d’image (avant-gardisme, mode, etc…)

Les pionniers de cette idée semblent être nos amis de chez Apple (décidément…), qui avec leurs spots on mis sur le devant de la scène des artistes alors méconnus comme Feist , Yaelle Naim, etc… et dernièrement The Submarines qu’ils font carrément apparaître à l’écran. Résultat immédiat pour les artistes, un buzz énorme, des téléchargements légaux en hausse de 500%, des concerts bien remplis, et globalement l’assurance d’une carrière lancée.

Mais d’autres vont plus loin dans la démarche, pour se donner une image « cool » et « djeuns », Toyota achète carrément des titres à des artistes et les offre chaque semaine sur son MySpace . Excellent moyen d’associer sa marque à la hype musicale et se montrer sous un jour des plus généreux. J’avoue apprécier l’effort, qui garantit une bonne (très bonne ?) rémunération à l’artiste et nous permet d’obtenir des titres (souvent en avant première) gratuitement, dans des styles musicaux éclectiques mélangeant groupes connus et à découvrir.

Mais le plus bel exemple en date de cette association musique / pub est l’excellent campagne réalisée pour les 100 ans de Converse, ou la marque a carrément commandé un titre spécialement pour l’occasion. Ils ont donc contacté 3 artistes bien en vue et aux univers différents : Santogold, Julien Casablancas (The Strokes) et Pharell Williams (N.E.R.D.), et bien leur en a pris : le titre déchire, et le clip associé également. En plus d’avoir fait le bon choix d’artistes et d’offrir ce titre au public, Converse a eu la décence de s’associer au morceau avec suffisamment de discrétion pour ne pas pourrir la démarche artistique (les artistes portent bien entendu une paire des emblématiques Chuck Taylor, et une petite étoile en origami vient rappeler le logo Converse à la toute fin du clip).

  

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Alors ok, la traditionnelle polémique de l’association de l’art au mercantilisme  s’invite dans le débat, mais rassurez vous, j’ai adoré le titre et ne me suis pas senti pour autant obligé d’acheter une paire de Converse pour dire merci…

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