Le tour du troupeau : KISS

Posté par le 16 nov 2010 dans Bergerie, musique3 commentaires

Interview de Christina aka KISS. Retour sur plus d’une décennie dédiée à la musique derrière les platines. Christina a toujours aimé la prise de risque, dans la vie ou dans la musique…. Lundi 1er novembre, Paris dans le 2eme arrondissement : je retrouve Christina chez elle. Après un bon plat de pâtes et une sauce maison, Christina s’est laissée prendre au jeu de l’interview-lave-vaisselle.

kiss @ flecheor
kiss @ fleche d’or

Moulos : Christina, décline ton identité :

KISS : Age 28 ans (et pas 22 comme on le dit souvent…) Home town : Loon-Plage (près de Dunkerque NDLR) Occupations : composition / ai suivi une formation sur Live Ableton cette année pour apprendre / à la recherche d’un label pour mes productions sur la bonne voie -encore des choses à faire pour perfectionner mes productions.

Moulos : Quand as-tu commencé à mixer ?

KISS : J’ai toujours fait de la musique. A la maison il y avait le piano de ma grand-mère qui était autrefois cantatrice lyrique et pianiste. Voyant mon engouement, mon père m’a offert un petit synthé. J’ai commencé par des écoutes à la famille. Puis le hasard a fait que j’ai rencontré un producteur très très connu quand j’avais 9 ans. Cela m’a encouragé, je composais chaque semaine une chanson. J’ai eu un peu de soutien familial mais sans plus, l’important c’était d’avoir des bonnes notes à l’école ! Quand je ne l’ai plus vue j’ai laissé tomber…

Dès mes premières sortie en boite à l’âge de 16-17 ans, j’ai eu envie de passer derrières les platines. Puis j’ai rencontré quelqu’un qui avait une émission de radio à Lille et qui revendait une platine vynil. J’ai pu passer mes premiers disques en raccordant une vieille platine de salon (il n’y avait pas de pitch mais bon… bon exercice). A la fin de la première phase de mes études, je me suis installée à Grenoble et j’ai pu investir dans du matos pour mixer.

J’ai commencé chez moi et fait pas mal de découvertes musicales ; j’ai commencé à enregistrer des mixes. J’en ai fait un Cd et j’ai démarché des bars. On était à Grenoble, la ville de Caroline aka Miss Kittin, et c’est vrai que les filles qui mixaient à cette époque se faisaient rares, on devait être 2 ou 3 à Grenoble à cette époque là… J’ai fait pas mal de bar House sur Grenoble, même si c’était difficile de trouver un juste milieu entre les bars qui passaient de la house accessible et les grosses scènes techno.

kissrex-club

Moulos : Quels sont tes influences musicales (groupes,DJ) ?

KISS : J’ai toujours adoré les gros beats hip hop dans la house, les trucs qui « bouncent ». c’est un peu cliché mais j’adore Derrick Carter (vynil acheté au de magasin Mlle Caro à Perpignan), les remixes de David Duriez, qui m’ont ouvert vers une électro un peu plus minimale. Mon coup de cœur c’est TiefSchwartz.

Moulos : Comment as-tu débuté la scène ?

KISS : J’ai fait un tremplin à Grenoble et je l’ai remporté (devant Drake, un des membres de la Bolos Family d’ailleurs !). Cela m’a permis de rencontrer des gens sur Grenoble et ensuite j’ai fait un contest de DJ fille à Paris. J’y ai rencontré d’autres artistes, ce qui m’a ouvert les portes de la Fabrique (à Bastille pas à Londres !). Puis j’ai fait une première date au Concorde Atlantique…

la foule bounce @ parisparis
la foule bounce @ parisparis

Moulos : Après tu es partie au Mexique ? Racontes –nous…

KISS : En fait j’ai fait un échange universitaire au Mexique pendant 6 mois. Personne n’a voulu que je prenne mes disques, mais je n’avais qu’une obsession : mixer. Puis j’ai découvert une maison «hantée» irlandaise, le Recco Becco à San Luis Potosi : une maison sur plusieurs étages avec une vraie âme, des artistes, bref un endroit très chaleureux où je me sentais bien. Du coup j’ai fait venir tous mes disques par UPS ce qui m’a coûté bonbon, mais pas de regrets, même si j’ai eu très peur de ne jamais les revoir…ils sont finalement arrivés et on a rempli le bar toutes les fins de semaine!

Puis à force de discuter par MSN avec des mexicains, j’ai eu des invitations dans des soirées au Mexique, des raves…. J’ai pu mixer dans pleins d’endroit et c’était super bien de faire danser des gens sur de la musique qu’ils ne connaissaient pas !

La foule mexicaine en délire au Recco Becco
La foule mexicaine en délire au Recco Becco

Moulos : Après cette période au Mexique, tu es rentrée en France…

KISS : Oui je suis rentrée sur Lille. J’ai obtenu une résidence dans un bar à Lille tous les jeudis. La scène lilloise est très house, donc j’ai ressorti les vyniles de l’époque Grenoble. Puis j’ai découvert le son de la scène parisienne (électro allemande, Ellen Allien, Jennifer Cardini) et j’ai fait de nombreuses escapades à Paris le wiik end (NDLR : Christina a un accent lillois qui ressort par moment : dans le nord on dit vik –end). Puis la boite Le Kiosk a ouvert à Lille , j’ai pu y faire quelques dates.

Ensuite j’ai fait un week end à Paris et je ne suis jamais repartie. J’ai rencontré les gens du Pulp et reçu pas mal d’encouragements à cette époque. Puis ça a été un premier mix « test » avec Pascale au Pulp et un test à la flèche d’or qui s’est bien passé. ça m’a permis de me faire connaître. L’interview dans Têtu m’a apporté pas mal de reconnaissance à ce moment là.

de la scène à Londres
de la scène à Londres

Moulos : Ça a duré combien de temps ?

KISS : le temps d’une gestation 9 mois à la Flêche d’Or puis j’ai rencontré Bruno Peguy ce qui m’ a permis de participer aux Soirées Eyes Need Sugar. Après ça a été les supers soirées: Rex Club, Nouveau Casino, Trailer Trash à Londres, Amsterdam…petit tour à Berlin (1 mois) pour essayer de vivre là bas, mais retour à Paris pour des dates… donc finalement je suis restée à Paris. Puis cela a été l’explosion des soirées avec des filles aux platines, les soirées à la flèche d’or se sont arrêtées pour moi. Mais à cette époque là les conditions « sonores » et de booking sont devenues assez difficiles…

kiss @ technoparade
kiss @ technoparade

Moulos : Puis ça a été l’époque Paris Paris…

KISS : Oui je me suis bien entendu avec les Lapins Lapins au Paris Paris (non, nous ne sommes pas bègues). J’étais dans mon élément, j’adorais l’ambiance, les gens qui y venaient étaient motivés. Il y avait du passage et je m’y sentait bien surtout quand j’ai pu mixer vers minuit et faire danser du monde. J’ai toujours mis dans mes mixes beaucoup d’énergie, plein d’enthousiasme, une prise de risque aussi… Mais il est arrivé un moment où ce n’était pas facile… C’est vrai qu’à la fermeture du Paris Paris, je me suis rendu compte qu’il y avait un certain manque d’ouverture de la scène parisienne.

Donc à un moment où les soirées étaient de plus en plus galères, j’ai arrêté de mixer : je ne pouvais plus rembourser mes achats de vynils (KISS a toujours eu comme principe de ne jamais jouer 2 fois le même mix, ce qui forcément, coûte cher..)

Puis ça a été la vague du tout MP3 (aka les blogueurs) Alors quand tu as de gros coûts pour préparer les mixes, qu’il faut toujours acheter de nouveaux vynils, (ce qui est plaisant finalement de faire les shops) et faire un vrai travail pour chaque mixe, il a fallu choisir entre la vie de DJ et le travail, j’ai fait le choix du travail.

Moulos : Et aujourd’hui ?

KISS :  J’ai toujours envie de faire de ressentir des choses, faire danser les gens. J’ai mixé en club pendant 6-7 ans, et j’en suis à un stade aujourd’hui où pour pouvoir encore plus m’exprimer et me faire plaisir, j’ai besoin de composer. Cela ne passe pas forcément par la scène, je le fais pour moi. Tu sais finalement il y a peu de DJ « pros » à part les résidents salariés. J’ai envie d’être plus professionnelle là-dedans. Je lâche pas l’affaire, je pense apporter quelque chose et je souhaite continuer d’apprendre. Quand on a une idée très précise de ce qu’on veut faire, c’est une autre étape et ça passe par la production. Aujourd’hui je travaille à ça mais je ne me fixe pas d’objectifs. Je prends le temps, je profite et j’apprécie beaucoup plus, contrairement à la période où j’étais DJ.

Moulos : Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

KISS : Mes compos. Et sinon avec Jean-Marc (H2H4U) on travaille sur notre projet (Mission Soumission)

…………………..

Moulos : As-tu message à passer à ceux qui font de la musique ? ou qui sont plus impliqués dans la production à titre personnel ?

KISS : Tout est possible ! Quand j’étais à Dunkerque, je n’aurais jamais imaginé mixer au Rex, ou encore au Mexique. Il faut croire à ce qu’on fait, quand on est vraiment motivé et qu’on arrive à le transmettre aux gens, on ne sait pas de quoi est fait l’avenir.

Cadeau : voici un petit mix de KISS s’intitulant « Never Cry or Die », il est téléchargeable gratuitement:

Latest tracks by Dj k.i.s.s. Paris

+ d’infos sur le myspace de KISS

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La très bonne nouvelle, c’est que KISS va passer quelques disques à l’occasion de la soirée VIP Juste Distance le 20 novembre. Avis aux heureux possesseurs de places… c’est son retour sur scène rien que pour la Bolosfamily : ça va bouncer sur le dancefloor.

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3 commentaires

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  1. Bon petit remix, et set très propre. Hâte de « bouncer » aussi samedi soir!

  2. Le remix « Lost in Music » est à écouter absolument !

  3. Quel talent :lol:

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